dimanche 20 juillet 2008

Au delà des mots...


Ma rubrique "au- delà des mots" qui n'est qu'à son commencement, entend dresser la liste des oeuvres- essentiellement littéraires en l'occurrence - qui m'ont bouleversée, qui ont marqué ma vie de lectrice, et ma vie tout court (et qui continuent de le faire). Je viens d'y ajouter Les Cavaliers de Kessel ; Kessel pour qui je n'ai pas seulement une grande admiration, mais aussi une grande tendresse ... parce qu'il incarne cette génération d'hommes qui n'étaient pas "seulement" des écrivains, mais des aventuriers, des hommes d'action, à l'instar de Conrad, Melville, Romain Gary qui comptent également parmi mes "idoles" ... Et je trouve que de tels hommes manquent aujourd'hui dans le paysage littéraire, sinon artistique en général...

Lire Kessel, c'est renouer avec le mythe, avec la fable à travers le destin d'hommes écartés entre la férocité de leurs sentiments et le sublime de leur idéal ; des hommes qui sont toujours dans le surpassement d'eux- mêmes, pour le pire, mais souvent pour le meilleur aussi. La preuve en est dans Vent de sable , que je viens de lire : le récit que Kessel a dédié à l'aéropostale, et aux pilotes (Mermoz, Serre, Reine, Dumesnil, Lécrivain...) qui ont rendu cette aventure possible, grâce à leur courage, leur foi, leur jeunesse inconsciente !



" Sans cette flamme intérieure qui le brûle et le dépasse- qu'elle s'applique à une croyance, à une patrie, à un amour ou à un métier - l'homme n'est qu'une mécanique indigne ou désespérée." (Vent de sable, Jospeh Kessel)

mercredi 16 juillet 2008

De Tanger à ... Cuba !

J'ai voulu initier mon blog avec Tanger (dont je n'ai finalement encore rien dit), et voilà que je suis partie pour parler de Cuba ! Mais je n'oublie pas Tanger pour autant : j'y reviendrai ! D'ailleurs, Tanger, porte de l'Afrique et de l'Europe, demeure un bel emblème pour un blog qui se veut un lieu de passage, d'échanges !
Cuba, donc ... Je n'y suis pas allée, mais un écrivain m'y a emmenée : Pedro Juan Gutierrez, par l'entremise de deux romans : Le Nid du serpent et le Roi de la Havane, que j'ai lus à quelques semaines d'intervalle l'un de l'autre. Et le voyage fut éprouvant ! Du sang, du sperme et de la sueur à chaque page, ça donne une idée de la violence de la diatribe politique et sociale qui va avec ! Car dans cette trivialité de façade, portée par une écriture âpre, se trouve l'histoire de Cuba aujourd'hui : une île à la dérive où femmes et hommes n'ont plus rien, sinon un corps qui, dans ses souffrances comme dans la jouissance, leur rappelle qu'ils sont encore en vie. Un corps mû par la seule énergie du désespoir. Un corps pour sauver sa peau ...
La peau : le titre d'un autre récit (de Malaparte) qui parle aussi de "vitalité désespérée", et sur lequel je reviendrai sans doute ...