vendredi 10 octobre 2008

Prochaine étape : Tripoli


Tripoli en Libye (à ne pas confondre avec Tripoli, au Liban). Tripoli, capitale de la Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste : le nouveau nom que le colonel Muammar Kadhafi donna en 1977 à son pays ; jamarihiya signifiant littéralement "Etat des masses". 
Je m'éloignerais donc de Rome ? Pas tant que ça ! La Libye fit éminemment partie de l'Empire romain: dès 46 av. J.-C. lorsque Jules César destitue le dernier roi numide Juba Ier. Province prospère, la Libye verra naître Septime Sévère, dit l'Africain qui fera de sa ville natale, Leptis Magna, une rivale de Rome ; Rome sur laquelle il marchera en 593 après avoir été proclamé Empereur par ses légions, au lendemain de l'assassinat de Commode. 
Alors, voilà ce que réserve la Libye au voyageur averti : des sites antiques majestueux, immenses et étonnamment préservés, aux abords d'un rivage méditerranéen encore vierge, dont les noms évocateurs parlent de mythes et de grandeur passée : Leptis Magna, Cyrène, Apollonia ...
J'ai bien pensé aussi à demander une audience privée au colonel, sous sa tente ... Mais n'est pas Cécilia qui veut ! Bon, si le colonel avait eu trente ans de moins, j'aurais peut- être approfondi la question ! ** Rires**
Plus sérieusement, dans son histoire la plus proche comme dans celle la plus lointaine (dans le temps, du moins), la Libye m'interpelle ... et répondre à son appel, c'est une nouvelle fois se frotter aux mystères, aux paradoxes, à la mémoire du vaste monde ! 



dimanche 5 octobre 2008

Karl


Karl Lagerfeld, oui, c'est bien de lui dont il s'agit ! Car, quoique m'intéressant peu, sinon de loin, au monde de la mode et des créateurs, je nourris une certaine "sympathie", pas toujours avouée :) pour Karl L. Aussi, je n'ai pas manqué de regarder le documentaire qui lui était consacré sur France 5, vendredi dernier, dans la série "Empreintes" : Karl Lagerfeld, un roi seul, soit l'ébauche du portrait d'un personnage hautement public, dont on ne sait finalement pas grand chose, et qui joue d'ailleurs sans cesse à brouiller les repères de sa biographie.

Ce documentaire donc, m'a conforté dans mon sentiment, d'une part parce qu'il parlait avant tout d'un homme brillant, talentueux, cultivé, passionné et passionnant - ce qui n'est déjà pas donné à tout le monde ! D'autre part, il m'a follement amusée ! Car Karl L. comme tout le monde le sait, excelle dans l'art de la vacherie (qu'il aurait hérité de sa mère), avec un sens de la formule inégalable qui dénote une certaine sensibilité, un réel sens de l'humour, sur les autres mais aussi sur lui- même, et une grave introspection, inattendue de la part d'un homme qui joue par ailleurs sans cesse sur les registres de la représentation et de la futilité.

C'est ainsi que, un oeil sur l'écran, l'oreille aux aguets, je me suis retrouvée à prendre quelques notes que je voudrais partager ici.

Comme le journaliste demande à Karl L. ce qu'il pense du narcissisme, il répond que c'est plutôt une bonne chose, qui empêche qu'on se laisse aller (notamment pour le bien des autres) avant de conclure que le narcissisme n'est finalement rien d'autre qu'un instinct de conservation !

Un peu plus loin, il dira aussi que "l'élégance peut se développer, mais n'est pas achetable".

Enfin, comme on lui fait remarquer, presque comme un reproche, qu'il ne se montre jamais que mis en scène, avec sa panoplie immuable (lunettes de soleil, gants, catogan...), Karl L. réplique: "Je ne vends que la façade. Sa propre vérité, on ne la doit qu'à soi- même".

Alors, voilà ! Je ne saurai toujours pas dire si j'aime ou pas Karl L. mais pendant une heure, il a ravi mon oreille et mon attention, par le choix de ses mots, la finesse de ses réflexions, son refus de la sensiblerie et, du coup, étonnamment, par ... sa pudeur !

jeudi 2 octobre 2008

Tous les chemins (ra)mènent à Rome ...



Je parlais- un peu- de Rome il y a quelques jours. Je pourrais en parler beaucoup, pour avoir y avoir vécu, y être allée un nombre incalculable de fois. Et Rome ne m'a jamais déçue ! Au fil du temps, bien sûr, elle m'est devenue familière. Je l'ai adoptée - et inversement ! Je ne guette plus en elle, frénétiquement, la "nouveauté", le "pittoresque" que l'on peut attendre d'un lieu à la renommée mondiale. J'attends juste qu'elle accueille mes errances, qu'elle enveloppe mes rêveries, mes contemplations dans sa lumière inégalable : l'indicible en somme ; à moins que Rome n'appartienne peut- être un peu trop déjà au domaine de l'intime. Comme si cette elle était une parcelle de mon "jardin secret"... La chose peut sembler paradoxale, sinon prétentieuse, au sujet d'une ville jetée en pâture à des millions de visiteurs ! Maintenant, s'il me faut absolument mettre des mots sur ce que j'éprouve pour la "ville éternelle", je dirais qu'elle me fait du bien ! Il n'y a là aucune révélation : je pense que, à l'instar de certaines plantes qui ne poussent que dans certains sols, nous sommes, nous aussi, humains, soumis aux influences de notre environnement ; tel endroit nous sera plus favorable qu'un autre, constituera le terreau où s'épanouira notre être. De même que certaines personnes, en nous aimant, nous font nous sentir plus beaux, nous rendent meilleurs ...

mardi 30 septembre 2008

L'été est fini ...


Voici l'automne ! Avec ses ultimes journées de soleil fulgurant ; un soleil à la douceur trompeuse, qui voudrait encore nous faire croire à l'été, alors que la texture de l'air, la lumière sourde, l'heure précoce du crépuscule, appellent déjà l'hiver ...
L'été est fini, donc, mais subsiste le souvenir des belles choses qui lui sont associées : les vacances, une trêve dans nos vies, où le temps qui s'étire et le soleil qui réchauffe nourrissent l'envie de vivre plus intensément, de vivre dehors, avec les autres ...
Mon été fut italien. Romain puis florentin. Je ne ferai pas un inventaire des merveilles que j'ai vues ou revues, même s'il est certain qu'évoluer parmi des chefs d'oeuvre, des sites chargés d'histoire régénère, émeut, rend heureux ! Mais ce n'est pas tant ce qu'on voit qui fait la valeur de ces instants, mais le contexte dans lequel on les voit : c'est pourquoi l'Italie, cette fois encore, m'a comblée, parce que, outre qu'elle m'est chaleureusement familière, elle fut cet été, plus que jamais, l'Italie de l'amitié et des émotions partagées. Les étoiles dans le ciel romain brillaient d'un nouvel éclat au- dessus du majestueux château Saint Ange ; Caravage faisait de nouveaux adeptes ; l'empereur Hadrien hantait nos conversations ... quand ce n'était pas les jeunes éphèbes florentins dont la beauté botticellienne traverse les siècles !

dimanche 20 juillet 2008

Au delà des mots...


Ma rubrique "au- delà des mots" qui n'est qu'à son commencement, entend dresser la liste des oeuvres- essentiellement littéraires en l'occurrence - qui m'ont bouleversée, qui ont marqué ma vie de lectrice, et ma vie tout court (et qui continuent de le faire). Je viens d'y ajouter Les Cavaliers de Kessel ; Kessel pour qui je n'ai pas seulement une grande admiration, mais aussi une grande tendresse ... parce qu'il incarne cette génération d'hommes qui n'étaient pas "seulement" des écrivains, mais des aventuriers, des hommes d'action, à l'instar de Conrad, Melville, Romain Gary qui comptent également parmi mes "idoles" ... Et je trouve que de tels hommes manquent aujourd'hui dans le paysage littéraire, sinon artistique en général...

Lire Kessel, c'est renouer avec le mythe, avec la fable à travers le destin d'hommes écartés entre la férocité de leurs sentiments et le sublime de leur idéal ; des hommes qui sont toujours dans le surpassement d'eux- mêmes, pour le pire, mais souvent pour le meilleur aussi. La preuve en est dans Vent de sable , que je viens de lire : le récit que Kessel a dédié à l'aéropostale, et aux pilotes (Mermoz, Serre, Reine, Dumesnil, Lécrivain...) qui ont rendu cette aventure possible, grâce à leur courage, leur foi, leur jeunesse inconsciente !



" Sans cette flamme intérieure qui le brûle et le dépasse- qu'elle s'applique à une croyance, à une patrie, à un amour ou à un métier - l'homme n'est qu'une mécanique indigne ou désespérée." (Vent de sable, Jospeh Kessel)

mercredi 16 juillet 2008

De Tanger à ... Cuba !

J'ai voulu initier mon blog avec Tanger (dont je n'ai finalement encore rien dit), et voilà que je suis partie pour parler de Cuba ! Mais je n'oublie pas Tanger pour autant : j'y reviendrai ! D'ailleurs, Tanger, porte de l'Afrique et de l'Europe, demeure un bel emblème pour un blog qui se veut un lieu de passage, d'échanges !
Cuba, donc ... Je n'y suis pas allée, mais un écrivain m'y a emmenée : Pedro Juan Gutierrez, par l'entremise de deux romans : Le Nid du serpent et le Roi de la Havane, que j'ai lus à quelques semaines d'intervalle l'un de l'autre. Et le voyage fut éprouvant ! Du sang, du sperme et de la sueur à chaque page, ça donne une idée de la violence de la diatribe politique et sociale qui va avec ! Car dans cette trivialité de façade, portée par une écriture âpre, se trouve l'histoire de Cuba aujourd'hui : une île à la dérive où femmes et hommes n'ont plus rien, sinon un corps qui, dans ses souffrances comme dans la jouissance, leur rappelle qu'ils sont encore en vie. Un corps mû par la seule énergie du désespoir. Un corps pour sauver sa peau ...
La peau : le titre d'un autre récit (de Malaparte) qui parle aussi de "vitalité désespérée", et sur lequel je reviendrai sans doute ...

lundi 31 mars 2008

Récit de voyage, leçon de vie


"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu’il se suffit à lui- même. On croit qu’on va faire un voyage, mais bientôt c’est le voyage qui vous fait, ou vous défait. "
Nicolas Bouvier, L'Usage du monde

dimanche 30 mars 2008

Pourquoi Tanger ?

Pour initier ce blog dédié à l'ailleurs, au voyage, à une certaine quête du bonheur, Tanger s'est imposée : parce que cette ville incarne, dans sa mythologie comme dans sa réalité, tout à la fois, le port d'où l'on part, la rade où l'on se pose, une frontière ouverte au vent, au soleil et à la mer ; parce qu'elle est l'enfer et le paradis, où chacun se perd pour mieux se retrouver, ou mieux vivre ... ou encore mieux mourir.