dimanche 5 octobre 2008

Karl


Karl Lagerfeld, oui, c'est bien de lui dont il s'agit ! Car, quoique m'intéressant peu, sinon de loin, au monde de la mode et des créateurs, je nourris une certaine "sympathie", pas toujours avouée :) pour Karl L. Aussi, je n'ai pas manqué de regarder le documentaire qui lui était consacré sur France 5, vendredi dernier, dans la série "Empreintes" : Karl Lagerfeld, un roi seul, soit l'ébauche du portrait d'un personnage hautement public, dont on ne sait finalement pas grand chose, et qui joue d'ailleurs sans cesse à brouiller les repères de sa biographie.

Ce documentaire donc, m'a conforté dans mon sentiment, d'une part parce qu'il parlait avant tout d'un homme brillant, talentueux, cultivé, passionné et passionnant - ce qui n'est déjà pas donné à tout le monde ! D'autre part, il m'a follement amusée ! Car Karl L. comme tout le monde le sait, excelle dans l'art de la vacherie (qu'il aurait hérité de sa mère), avec un sens de la formule inégalable qui dénote une certaine sensibilité, un réel sens de l'humour, sur les autres mais aussi sur lui- même, et une grave introspection, inattendue de la part d'un homme qui joue par ailleurs sans cesse sur les registres de la représentation et de la futilité.

C'est ainsi que, un oeil sur l'écran, l'oreille aux aguets, je me suis retrouvée à prendre quelques notes que je voudrais partager ici.

Comme le journaliste demande à Karl L. ce qu'il pense du narcissisme, il répond que c'est plutôt une bonne chose, qui empêche qu'on se laisse aller (notamment pour le bien des autres) avant de conclure que le narcissisme n'est finalement rien d'autre qu'un instinct de conservation !

Un peu plus loin, il dira aussi que "l'élégance peut se développer, mais n'est pas achetable".

Enfin, comme on lui fait remarquer, presque comme un reproche, qu'il ne se montre jamais que mis en scène, avec sa panoplie immuable (lunettes de soleil, gants, catogan...), Karl L. réplique: "Je ne vends que la façade. Sa propre vérité, on ne la doit qu'à soi- même".

Alors, voilà ! Je ne saurai toujours pas dire si j'aime ou pas Karl L. mais pendant une heure, il a ravi mon oreille et mon attention, par le choix de ses mots, la finesse de ses réflexions, son refus de la sensiblerie et, du coup, étonnamment, par ... sa pudeur !

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