samedi 9 mai 2009

Chanson d'amour

Nos vies sont scandées, rythmées, marquées, hantées par des chansons ...
Mon retour de Libye coïncide avec la découverte de "A thousand kisses deep" de Léonard Cohen : un tempo lancinant, une voix sensuelle, une poésie qui sont autant d'écho à la "douce violence" d'une rencontre que je n'attendais pas, et qui continue à me porter, me transporter ...

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat.
You win a while, and then its done c
Your little winning streak.
And summoned now to deal
With your invincible defeat,
You live your life as if its real,
A thousand kisses deep.

Im turning tricks, Im getting fixed,
Im back on boogie street.
You lose your grip, and then you slip
Into the masterpiece.
And maybe I had miles to drive,
And promises to keep:
You ditch it all to stay alive,
A thousand kisses deep.

And sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go,
A thousand kisses deep.

Confined to sex, we pressed against
The limits of the sea:
I saw there were no oceans left
For scavengers like me.
I made it to the forward deck.
I blessed our remnant fleet c
And then consented to be wrecked,
A thousand kisses deep.

Im turning tricks, Im getting fixed,
Im back on boogie street.
I guess they wont exchange the gifts
That you were meant to keep.
And quiet is the thought of you,
The file on you complete,
Except what we forgot to do,
A thousand kisses deep.

And sometimes when the night is slow,
The wretched and the meek,
We gather up our hearts and go,
A thousand kisses deep.

The ponies run, the girls are young,
The odds are there to beat . . .

jeudi 9 avril 2009

J-2

Car samedi un nouvel avion m'emporte loin de Paris et de sa routine, vers le soleil de la Méditerranée et les vestiges antiques ... 
Je retourne en Libye ! et ce le jour de mon anniversaire : une belle manière de passer un nouveau cap, en somme... 

"Les lieux sublimes répètent en termes nobles une leçon que la vie ordinaire nous inflige chaque jour cruellement : l'univers est plus puissant que nous ; nous sommes fragiles et éphémères et n'avons d'autre solution que d'accepter tout ce qui limite notre volonté ; nous devons nous soumettre à des nécessités supérieures."
L'Art du voyage, Alain de Botton

dimanche 5 avril 2009

des lois de l'attraction

Pourquoi est- ce qu'un individu, dont l'intrusion dans notre quotidien relève de l'anodin, du plus simple hasard, nous bouleverse-t- il ? A quoi tient l'attraction qu'il exerce sur nous ? 
Pourquoi lui ? 
Voilà, en résumé, mon état d'esprit actuel qui m'amène à ce message ... Car, en réalité, je n'entends pas poser ces questions comme telles ; je prétends encore moins y répondre. Mais les faits sont là, qui parlent par eux- mêmes, puisque, il y a quelques jours, j'ai été confrontée à ce mystère : celui d'être brutalement troublée, aimantée, par un homme alors qu'il n'avait rien fait pour cela, alors même que je ne l'avais pas encore véritablement vu ; tout au plus était- il juste entré dans mon champs de vision lorsque j'ai senti le "chamboulement" que suscitait sa présence en moi ! Et là, j'ai eu beau tenter - quoique brièvement- de réfléchir, d'analyser, de comprendre ce qui m'arrivait, pour en rire ou pour relativiser, j'ai vite été dépassée par l'évidence de ce que, mon corps, disons, exprimait à la pensée de cet homme : noeud à l'estomac notamment... 
Outre sa voix - un timbre viril, limpide et rassurant ; ferme sans jamais être brutal - je ne saurais pas dire s'il était "beau" :  il y avait juste ce "champs magnétique" autour de lui qui m'aspirait, qui me faisait presque sortir de moi- même. Et je crois qu'à cet instant, j'ai oublié que je pouvais être timide, que je pouvais avoir peur : j'étais stupéfaite, et tendue dans l'attente d'une parole, d'un geste qu'il n'a pas eus. 
Mais voilà, cette histoire qui n'en est pas une m'a fait du bien : elle m'a rappelée que des portes restent ouvertes autour de moi, même si je ne les vois pas toujours ; que mes sens sont en éveil et vulnérables, et que cette vulnérabilité peut être un trésor d'émotions, de sensations qui me rendent plus forte et plus confiante...
Bon, j'aurais quand même aimé qu'IL me voie lui aussi ...

"Il n'est pas de hasard,
il est des rendez- vous, 
pas de coïncidence".
Ouverture, Etienne Daho.


dimanche 29 mars 2009

Le Condamné à mort

(...) Ames de mes tués ! Tuez- moi ! Brûlez- moi ! 
Michel- Ange exténué, j'ai taillé dans la vie
Mais la Beauté, Seigneur, toujours je l'ai servie, 
Mon ventre, mes genoux, mes mains roses d'émoi. 

(...) Je demande à la mort la paix, les longs sommeils, 
Le chant des séraphins, leurs parfums, leurs guirlandes, 
Les angelots de laine en chaudes houppelandes,
Et j'espère des nuits sans lunes ni soleils
Sur d'immobiles landes.

Le Condamné à mort, Jean Genet

Du voyage...


On dit des voyages qu'ils permettent de s'évader, mais toute évasion implique une prison : le quotidien en est- il une ? Ce qui est certain, c 'est que, loin de celui- ci, on se retrouve avec soi- même : la distance offre un nouveau point de vue ; l'horizon n'est pas le même... Le détachement, le "transport" au sens propre et figuré du terme qu'implique le voyage, mais aussi de façon générale, le recueillement, la pensée, la lecture, éclaire nos manques, révèle nos aspirations : autant de composantes de notre être profond qu'on oublie ou qu'on néglige dans l'uniformité du quotidien...
Bref ! Le voyage n'a rien de "léger" et je refuse de le considérer comme une vulgaire distraction ! J'attends même qu'il me mette en danger, en quelque sorte...

dimanche 8 mars 2009

OZ



Je suis sûre que Jean Genet aurait pu écrire le scénario d'un épisode de la série américaine Oz. L'univers carcéral, l'érotisme d'un "assassin si beau qu'il fait pâlir le jour", la peine de mort, la haine raciale : autant d'ingrédients qui lui étaient chers. Certains de ses propos écrits dans le cadre de son engagement auprès des Black Panthers, ne dénoteraient pas, notamment, dans la bouche de Kareem Saïd, le leader charismatique des Musulmans, moitié Martin Luther King, moitié Malcom X, tels ceux- ci : "Les Noirs que les Américains ne peuvent ni comprendre ni acheter, ils les tuent". (L'Ennemi déclaré) 
Oz est en tout cas fort à propos en ce dimanche pluvieux : rien ne vaut en effet une bonne série pour sauver un week- end de l'ennui ou de la déprime ! :) 
Bref ! Au commencement était Oz ... même si je ne sais pas trop par où commencer pour parler de cette série dont je suis devenue littéralement "accro" ! N'ayons pas peur des mots ... :) L'intrigue de Oz se déroule dans un lieu clos : le département expérimental du pénitencier d'Oswald - dont Oz est le diminutif- où les détenus n'ont notamment aucune intimité. Dans leurs cellules cloisonnés de verre, tels des rats de laboratoire, ils se donnent à voir dans une nudité absolue : figurée et littérale, physique et psychologique. Obligé de partager leur huit clos permanent, le spectateur est, au début de chaque épisode, par le biais de l'intervention onirique d'un détenu- narrateur, pris à parti, questionné : qu'est- ce que le Bien ? Qu'est- ce que le Mal? Le pire des hommes ne conserve-t- il pas un fond inaliénable d'humanité ? La rédemption est- elle possible ? 
Le propos est vaste, qui échappe aux pièges du jugement, de la morale, du politiquement correct, et d'autant plus pertinent qu'il se pose dans le cadre d'une série américaine, dans un pays où les prisons constituent un marché fructueux, où sévit la peine de mort, où le président en appelle à Dieu pour mener une "guerre sainte" en Irak ... (La série est à ce jour terminée, mais elle est née et s'est développée sous le règne de Bush). 
C'est ainsi qu'au delà de la simple description de l'univers carcéral au quotidien, Oz aborde avec maestria et au travers d'un casting de premier choix, des sujets qui touchent, questionnent chacun de nous en tant qu'être humain et citoyen confronté d'une manière ou d'une autre à la complexité des sentiments humains, à la violence de la société, aux valeurs et aux règles qui la régissent, auxquelles on adhère ou pas ...
J'ai pour ma part été touchée par l'idée de la rédemption par l'amour que laisse espérer la relation amoureuse qu'entretiennent deux détenus, Tobias et Chris (interprété par le charismatique et très sexy acteur Christophe Meloni) ; thème de la rédemption, du rachat qui m'a rendue chère l'oeuvre de Mauriac. Comme quoi, on peut voir des points communs dans des oeuvres que, a priori, tout sépare ! Dans tous les cas, on a là deux univers empreints d'une foi inquiète qui ne renonce pas à la quête du Salut, tout en s'égarant dans les méandres et les paradoxes de l'amour ... 

"Each man kills the thing he loves". 
(Aphorismes, Oscar Wilde)

mardi 3 mars 2009

Jean Genet


Dans la foulée du message précédent, l'occasion est là de parler de Jean Genet dont les mots m'accompagnent depuis l'adolescence. Impossible de l'oublier, de ne pas penser fréquemment à lui, de ne pas ouvrir un de ses livres et de tomber, forcément, sur quelque phrase "lumineuse" ... 
Si Genet n'était pas aussi complexe et extrême, dans sa vie comme dans son art, je dirais qu'il est presque inévitable de l'aimer, sinon de l'admirer,  tant les raisons pour cela sont nombreuses : le raffinement de sa langue, sa "crudité poétique", ses engagements, son goût du désordre, son humanité, son irrévérence à l'égard des pouvoirs générateurs d'oppression, sa défiance du conformisme ...
Autant dire que Genet manque à notre société actuelle ... et ses paroles à nos consciences ... 
D'ici la fin du mois, je lui rendrai, à ma façon, modestement, un hommage en allant sur sa tombe à Larache, au Maroc. Je n'ai pas de goût particulier pour les sépultures en tant que lieu de pèlerinage, mais ce cimetière, dans ce pays qu'il aimait, lui ressemble : on raconte qu'il se situe entre un bordel et une prison : autant dire le décor "parfait" de la plupart de ses oeuvres ! 

"Ce qui m'a donné un peu de fraîcheur, si j'en ai eu, c'est l'insécurité". 
Jean Genet, L'Ennemi déclaré

Au delà des mots : suite

La rubrique ainsi nommée s'étoffe ... Pour ceux qui ne l'auraient pas encore compris, il s'agit en fait de lister les ouvrages qui, selon moi, pourraient constituer LA bibliothèque : de celle qu'on emporte avec soi sur une île déserte, genre ! :) Et ce "bilan" a quelque chose de réconfortant, de rassurant : ces livres, lus et aimés, constituent en quelque sorte un patrimoine qui n'a pas de prix, que personne ne peut me prendre, sur lequel je peux compter comme sur de vieux amis ... 
De plus, je suis certaine qu'en s'amusant à tisser des liens entre ces différentes oeuvres, à chercher les points communs qu'elles partagent, etc. on trouve forcément plein d'éléments qui parlent de nous, en quelque sorte, mieux que nous ne le ferions nous- mêmes ! Dis- moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es ? 
Sinon, il va de soi que tous ces livres m'ont plu à des niveaux différents, tant dans le domaine de l'émotion que dans celui strictement intellectuel/ littéraire ... D'ailleurs, à ce jour, la liste est incomplète et il manque même certains de mes auteurs fétiches que sont Genet, Pasolini ou encore Mauriac ! Mais "élire" une de leurs oeuvres aux dépens d'une autre relève de choix cornéliens  :)  A suivre ...

dimanche 1 mars 2009

Tanja


Qui es- tu Tanger ? Ou dois- je t'appeler Tanja, à la mode marocaine, du nom de Tingis, la femme d'Antée, le fils de Neptune, ton fondateur selon la légende ? Quel âge as- tu ? Quelques 2000 ans si on se réfère à tes origines berbères puis phéniciennes...
Je te semble curieux, probablement ignorant, mais quand il s'agit de parler de toi, on s'égare souvent : les fantasmes prennent vite le pas sur la réalité, le mythe sur l'histoire...
D'ailleurs, tant qu'à raconter ta vie, tu préfères sans doute qu'on s'attarde à ton "âge d'or" : à ce début du XXème siècle où le Maroc ne t'a pas encore fait totalement sien ; où, parée du titre de "zone internationale", tu t'épanouis, libre, permissive, jouisseuse, raffinée, fastueuse au contact d'un cosmopolitisme tant financier qu'intellectuel.
Souviens- toi des soirées mirifiques de la milliardaire américaine Barbara Hutton ; de Walter Harris, correspondant du Times, dont l'excentrique et somptueuse Villa Joséphine abrite aujourd'hui un luxueux hôtel de charme ; du fortuné Lord Button qui confia à des architectes français la construction du palace El Minzah. Son décor feutré, digne d'un roman d'Agatha Christie, accueille toujours les voyageurs en quête de ton âme... Et nul doute que les plus chanceux d'entre eux, aujourd'hui encore, y croisent les fantômes de Jean Genet, Tennessee Williams, Jane et Paul Bowles... La liste est longue de tes courtisans qui étaient sous ton charme sinon sous ton emprise : "Le nombre est alarmant, ici, des voyageurs qui ont débarqué pour un bref congé ; puis s'y sont établis ; puis, ont laissé passer les années. Car Tanger est une rade, et qui vous enserre ; un lieu à l'abri du temps (...)" constate Truman Capote à ton sujet, envoûté lui aussi.
Sous "cette lumière du bout de l'Afrique" qui t'a valu l'amour d'un Delacroix et d'un Matisse, tes façades où les lignes les plus élégantes de l'art nouveau et du style colonial jouent avec les subtilités de l'héritage mauresque et andalou, retrouvent leur blancheur immaculée. Ton port s'embellit en se donnant des airs de Riviera, en célébrant tes nouvelles épousailles avec ce rival magnifique, Gibraltar, qui t'a bien volé quelques fois la vedette ! Un mythe encore, et un Dieu...
Ta décadence t'a faite immortelle et insatiable : toujours, tu tends la main aux hommes épris de rêve et d'ailleurs ...

La Libye, paysage littéraire ?


"On sait peu de chose dans la Seigneurie sur le Farghestan, qui fait face aux territoires d'Orsenna par delà la mer des Syrtes. Les invasions qui l'ont balayé de façon presque continue depuis les temps antiques- en dernier lieu l'invasion mongole- font de sa population un sable mouvant, où chaque vague à peine formée s'est vue recouverte et effacée par une autre, de sa civilisation une mosaïque barbare, où le raffinement extrême de l'Orient côtoie la sauvagerie des nomades."

Julien Gracq, Le Rivage des Syrtes.

lundi 16 février 2009

Avec le temps...


Le souvenir de la Libye ne passe pas! Si, étonnamment, je n'ai rien écrit dessus pendant les mois qui ont suivi mon retour (la faute à une certaine fainéantise ;) , je n'ai pas pour autant cessé de penser à ce voyage qui m'a donné à connaître un Maghreb intemporel, à l'écart du tourisme de masse, dont le pouvoir de séduction agit doucement, presque insidieusement... Car, au commencement, vue du ciel, la Libye parait se résumer à peu de choses : une immense étendue de sable, de pierres et de poussière...
Une fois au sol, la chose se confirme : à peine sorti des villes, on se retrouve très vite au milieu de plaines désertiques, à parcourir des kilomètres d'asphalte écrasée de soleil. Inutile de chercher l'ombre : il n'y en a pas. Les hommes sont tout aussi rares. Il y a bien quelques troupeaux de chameaux pour nous rappeler que cette terre n'est pas tout à fait abandonnée ...
Pareille vision suffit en somme à établir la carte d'identité du pays : un territoire grand comme trois fois la France, qui ne compte que 6 millions d'habitants et dont 9/10ème est occupé par le Sahara ! Et une caractéristique : c'est en Libye, au niveau du golfe de Syrte, que se situe le point où le désert est le plus proche de la mer ! 70 kilomètres à peine séparent les dunes dorées du Sahara des eaux turquoises de la Méditerranée ... A la rencontre des caravanes venues des confins de l'Afrique et des ambitieux marchands phéniciens, grecs et romains, la Libye s'est taillée une place en or dans l'histoire de la civilisation antique. D'ailleurs, je ne saurais décrire ici la beauté, la majesté, la grandeur des sites qui en témoignent encore : Sabratha, Leptis Magna, Apollonia jalonnent ainsi le rivage par ailleurs vierge de temples, colonnades, théâtres et même d'églises chrétiennes... Autant de mosaïques, de marbre blanc qui brillent de leur éclat le plus précieux, parce que incroyablement préservés. Qui entretiennent vive la mémoire d'une civilisation qui a nourri celle de la Méditerranée, d'une rive à l'autre, ignorante des clivages actuels ...
C'est probablement dans cette confrontation avec un passé qui semble soudain si proche à nouveau, que réside la force de ce voyage en Libye : le temps, non qu'il se soit arrêté, ne compte plus ; le moment vécu est aussi celui des origines ... et cette impression, loin de nourrir une nostalgie moribonde, est enivrante, génératrice d'un sentiment d'harmonie : la boucle est bouclée, mais rien ne s'interrompt véritablement ...
Ce rapport au temps s'est accompagné, en Libye, d'un nouveau rapport à l'espace car, comme je le disais plus haut, outre le décor intemporel de ces cités antiques, les autres paysages dans lesquels on évolue sont ceux du désert, et plus encore du désert par excellence : le Sahara. Le Sahara dont le sable a la couleur de l'or et la fluidité de l'eau, ondoyant, frissonnant à la moindre caresse du vent ; dont l'immensité, à l'instar des vestiges grecs et romains, nous force inévitablement à nous repenser dans notre rapport au monde et aux forces mystérieuses, naturelles ou divines, qui le régissent, et qui nous dépassent...

vendredi 10 octobre 2008

Prochaine étape : Tripoli


Tripoli en Libye (à ne pas confondre avec Tripoli, au Liban). Tripoli, capitale de la Jamahiriya arabe libyenne populaire et socialiste : le nouveau nom que le colonel Muammar Kadhafi donna en 1977 à son pays ; jamarihiya signifiant littéralement "Etat des masses". 
Je m'éloignerais donc de Rome ? Pas tant que ça ! La Libye fit éminemment partie de l'Empire romain: dès 46 av. J.-C. lorsque Jules César destitue le dernier roi numide Juba Ier. Province prospère, la Libye verra naître Septime Sévère, dit l'Africain qui fera de sa ville natale, Leptis Magna, une rivale de Rome ; Rome sur laquelle il marchera en 593 après avoir été proclamé Empereur par ses légions, au lendemain de l'assassinat de Commode. 
Alors, voilà ce que réserve la Libye au voyageur averti : des sites antiques majestueux, immenses et étonnamment préservés, aux abords d'un rivage méditerranéen encore vierge, dont les noms évocateurs parlent de mythes et de grandeur passée : Leptis Magna, Cyrène, Apollonia ...
J'ai bien pensé aussi à demander une audience privée au colonel, sous sa tente ... Mais n'est pas Cécilia qui veut ! Bon, si le colonel avait eu trente ans de moins, j'aurais peut- être approfondi la question ! ** Rires**
Plus sérieusement, dans son histoire la plus proche comme dans celle la plus lointaine (dans le temps, du moins), la Libye m'interpelle ... et répondre à son appel, c'est une nouvelle fois se frotter aux mystères, aux paradoxes, à la mémoire du vaste monde ! 



dimanche 5 octobre 2008

Karl


Karl Lagerfeld, oui, c'est bien de lui dont il s'agit ! Car, quoique m'intéressant peu, sinon de loin, au monde de la mode et des créateurs, je nourris une certaine "sympathie", pas toujours avouée :) pour Karl L. Aussi, je n'ai pas manqué de regarder le documentaire qui lui était consacré sur France 5, vendredi dernier, dans la série "Empreintes" : Karl Lagerfeld, un roi seul, soit l'ébauche du portrait d'un personnage hautement public, dont on ne sait finalement pas grand chose, et qui joue d'ailleurs sans cesse à brouiller les repères de sa biographie.

Ce documentaire donc, m'a conforté dans mon sentiment, d'une part parce qu'il parlait avant tout d'un homme brillant, talentueux, cultivé, passionné et passionnant - ce qui n'est déjà pas donné à tout le monde ! D'autre part, il m'a follement amusée ! Car Karl L. comme tout le monde le sait, excelle dans l'art de la vacherie (qu'il aurait hérité de sa mère), avec un sens de la formule inégalable qui dénote une certaine sensibilité, un réel sens de l'humour, sur les autres mais aussi sur lui- même, et une grave introspection, inattendue de la part d'un homme qui joue par ailleurs sans cesse sur les registres de la représentation et de la futilité.

C'est ainsi que, un oeil sur l'écran, l'oreille aux aguets, je me suis retrouvée à prendre quelques notes que je voudrais partager ici.

Comme le journaliste demande à Karl L. ce qu'il pense du narcissisme, il répond que c'est plutôt une bonne chose, qui empêche qu'on se laisse aller (notamment pour le bien des autres) avant de conclure que le narcissisme n'est finalement rien d'autre qu'un instinct de conservation !

Un peu plus loin, il dira aussi que "l'élégance peut se développer, mais n'est pas achetable".

Enfin, comme on lui fait remarquer, presque comme un reproche, qu'il ne se montre jamais que mis en scène, avec sa panoplie immuable (lunettes de soleil, gants, catogan...), Karl L. réplique: "Je ne vends que la façade. Sa propre vérité, on ne la doit qu'à soi- même".

Alors, voilà ! Je ne saurai toujours pas dire si j'aime ou pas Karl L. mais pendant une heure, il a ravi mon oreille et mon attention, par le choix de ses mots, la finesse de ses réflexions, son refus de la sensiblerie et, du coup, étonnamment, par ... sa pudeur !

jeudi 2 octobre 2008

Tous les chemins (ra)mènent à Rome ...



Je parlais- un peu- de Rome il y a quelques jours. Je pourrais en parler beaucoup, pour avoir y avoir vécu, y être allée un nombre incalculable de fois. Et Rome ne m'a jamais déçue ! Au fil du temps, bien sûr, elle m'est devenue familière. Je l'ai adoptée - et inversement ! Je ne guette plus en elle, frénétiquement, la "nouveauté", le "pittoresque" que l'on peut attendre d'un lieu à la renommée mondiale. J'attends juste qu'elle accueille mes errances, qu'elle enveloppe mes rêveries, mes contemplations dans sa lumière inégalable : l'indicible en somme ; à moins que Rome n'appartienne peut- être un peu trop déjà au domaine de l'intime. Comme si cette elle était une parcelle de mon "jardin secret"... La chose peut sembler paradoxale, sinon prétentieuse, au sujet d'une ville jetée en pâture à des millions de visiteurs ! Maintenant, s'il me faut absolument mettre des mots sur ce que j'éprouve pour la "ville éternelle", je dirais qu'elle me fait du bien ! Il n'y a là aucune révélation : je pense que, à l'instar de certaines plantes qui ne poussent que dans certains sols, nous sommes, nous aussi, humains, soumis aux influences de notre environnement ; tel endroit nous sera plus favorable qu'un autre, constituera le terreau où s'épanouira notre être. De même que certaines personnes, en nous aimant, nous font nous sentir plus beaux, nous rendent meilleurs ...

mardi 30 septembre 2008

L'été est fini ...


Voici l'automne ! Avec ses ultimes journées de soleil fulgurant ; un soleil à la douceur trompeuse, qui voudrait encore nous faire croire à l'été, alors que la texture de l'air, la lumière sourde, l'heure précoce du crépuscule, appellent déjà l'hiver ...
L'été est fini, donc, mais subsiste le souvenir des belles choses qui lui sont associées : les vacances, une trêve dans nos vies, où le temps qui s'étire et le soleil qui réchauffe nourrissent l'envie de vivre plus intensément, de vivre dehors, avec les autres ...
Mon été fut italien. Romain puis florentin. Je ne ferai pas un inventaire des merveilles que j'ai vues ou revues, même s'il est certain qu'évoluer parmi des chefs d'oeuvre, des sites chargés d'histoire régénère, émeut, rend heureux ! Mais ce n'est pas tant ce qu'on voit qui fait la valeur de ces instants, mais le contexte dans lequel on les voit : c'est pourquoi l'Italie, cette fois encore, m'a comblée, parce que, outre qu'elle m'est chaleureusement familière, elle fut cet été, plus que jamais, l'Italie de l'amitié et des émotions partagées. Les étoiles dans le ciel romain brillaient d'un nouvel éclat au- dessus du majestueux château Saint Ange ; Caravage faisait de nouveaux adeptes ; l'empereur Hadrien hantait nos conversations ... quand ce n'était pas les jeunes éphèbes florentins dont la beauté botticellienne traverse les siècles !